le festival du jeune cinéma documentaire

Blog - Blog de l'édition 2011
DOC EN COURTS, C’EST FINI !


Voilà, l’édition 2011 de Doc en courts est terminée. Cette année encore le festival a été accueilli par le fascinant musée des Moulages mais si le lieu n’a pas changé, l’évènement lui, a fait peau neuve.

Les nouveaux rendez-vous de Doc en courts que sont l’Edition Spéciale et les Workshops, ont attirés un public d’amateurs curieux ; la sélection officielle, quand à elle, a fait salle comble, comme à son habitude.
Tout ceci n’aurait pas eu lieu sans les nombreux bénévoles, soutenus cette année par B.I.S, une association aidant à la réalisation d’évènements culturels.

Enfin, lors de cette édition a été présenté le DVD du festival édité par le CRDP de Lyon. Il propose des films Irinka et Sandrinka, Sur la plage de Belfast et 200 000 fantômes, retenus dans le dispositif « lycéens au cinéma », ainsi que de Mon beau sourire et L’usine s’engage, sélectionnés et primés lors de l’édition 2010 de Doc en courts




Blog des Enthousiastes : http://les-enthousiastes.blogspot.com/p/qui-sommes-nous.html
Facebook de l’association BIS : http://fr-fr.facebook.com/B.I.S.asso
Où trouver le DVD ? : http://www.sceren.com/cyber-librairie-cndp.aspx?l=cour-t-s-de-cinema&cat=137610

Elise HUG & Jimmy  DENIZIOT





Le palmarès


Le palmarès de l’édition 2011 de doc en courts a été prononcé ce samedi 3 décembre devant une assistance remplie.

Et cette année fut celle des filles.
Elles ont raflé :

Le grand prix de la ville de Lyon, avec De la nature des choses, d’Audrey Espinasse : Des agneaux, du feu, des hommes : la célébration des fêtes de pâques à travers l’élaboration d’un repas dans un monastère bénédictin.

Le prix graine de doc (émergence d’un jeune  talent)  avec Adak, d’Amandine  Faynot : La pratique du sacrifice rituel dans un abattoir d’Istanbul.

Le prix étudiant avec Little sister, de Ségolène Neyroud : Ségolène et Anne-Sophie, à la recherche d’une complicité perdue...

Et la mention jury  étudiant :  Searching  for  dead  dogs, de Sook Hyun Kim


En guise de  consolation, les  garçons  ont eu droit :

Au prix surprise : Kinophasie, d’Alexander  Abaturov et Mon retour à l’usine de Julien Hogert

Au prix du public : Essentiel, de Jean-François Grêlé


Le  Jury  professionnel était  composé de :
Patrice Béghain,  homme de  culture, d’art et d’essais (il fut aussi directeur de la  FEMIS)
Jean-Marie Gigon, producteur (Sanosi films) et cinéaste
Jean-Pierre Sougy, cinéaste et passeur d’images inattendues


Revanche l’année prochaine au Musée des moulages pour un nouveau panorama de petites formes documentaires !




Ségolène Neyroud - Little sister



Vidéo : Cyril Vanhelstraeten





La nature des choses – Audrey Espinasse


Faire le bilan de Doc en Courts est l’occasion de revenir sur le palmarès de cette édition 2011. Parmi les lauréats, La nature des choses a raflé le Grand prix de la Ville de Lyon. Ce court-métrage est le premier film d’Audrey Espinasse, jeune cinéaste qui a d’ailleurs débuté ses études de cinéma à Lyon 2.

La nature des choses retrace la célébration des fêtes de Pâques à travers l’élaboration d’un repas dans un monastère bénédictin : les agneaux, l’abattoir, la viande préparée, cuisinée, puis le monastère et les religieux mangeant l’agneau pascal. Le film se présente sous la forme d’un double cheminement. C’est tout d’abord un cheminement symbolique, celui de l’agneau qui, pour Pâques, est préparé afin de devenir peu à peu l’agneau pascal, symbole religieux de la résurrection de Dieu. Mais c’est également à un cheminement sensible et matériel que le spectateur assiste : celui de l’agneau en tant que matière. Comme dans l’industrie, cette matière est transformée, soumise à l’Homme et aux machines, jusqu’à la scène finale dans laquelle les mâchoires des moines achèvent de la modifier presque mécaniquement.

Les images brutes et sans artifice nous conduisent à porter notre regard sur l’essence même des choses, sur la matière, une substance soumise à des changements. Ces images nous rappellent que les choses existent pour elles-mêmes avant d’être définies par l’Homme. Ainsi, l’agneau est d’abord un être vivant qui subit les lois de la nature, avant que l’Homme et la religion lui attribuent la symbolique religieuse de l’agneau pascal.

La nature des choses emmène le spectateur loin des représentations traditionnelles de la célébration de Pâques… Découverte des étapes les moins montrées de la préparation d’une fête religieuse ? Regard scientifique sur la transformation de la matière ? Questionnement métaphysique sur l’essence et l’existence des choses ? Autant d’interprétations possibles qui permettent au spectateur de « vivre un cheminement qui lui est propre, quelque chose de très personnel », et qui contribuent à faire toute la singularité de ce court-métrage.

Avec La nature des choses, Audrey Espinasse signe un premier film marquant. Le Grand prix de Doc en Courts a été une belle occasion de mettre en lumière cette jeune réalisatrice qui travaille déjà sur son prochain film, à nouveau en collaboration avec Sami Lorentz…

Laura Delsignore




Les affiches de doc en courts







Kinophasie - Alexander Abaturov

« Dites-moi ce que vous entendez... »

Alexandre Abaturov clôt son master 2 réalisé à l’école documentaire de Lussas en réalisant Kinophasie. Cette œuvre fût accueillie avec enthousiasme et récompensée par le jury professionnel avec l’obtention du « prix surprise » de l’édition 2011 de Docencourts.
Dans Kinophasie, un message sonore mystérieux, trouvé il y a quelques années par le réalisateur lui-même, passe de mains en mains et se mêle à plusieurs regards « d’exilés ». A travers leurs histoires personnelles, la parole perdue trouve un sens, ou plutôt des sens. Les interventions se succèdent à l’écran sans nous lasser ou tomber dans l’anecdotique. Le magnétophone apparaît comme un catalyseur, véritable test de Rorschard sonore permettant de recomposer le portrait d’êtres, si ce n’est d’un pays, à la dérive. Qu’en est-il réellement de cette voix? Où est la limite entre poésie et folie? Comme se questionne l’un des protagonistes. Les russes présentés sont des êtres qui paraissent perdus dans le temps et l’espace comme la voix du magnétophone elle-même, c’est pourquoi celle-ci fait tant écho en eux. Des plans de détails et un cadre souvent fixe révèlent une composition maitrisée et donnent à ce film une atmosphère intemporelle et mélancolique.
Ce jeune réalisateur aborde avec beaucoup de poésie ces expériences de vies morcelées. Une expérience qui, on peut l’imaginer, touche son propre sentiment d’exil. Son voyage personnel, mental et physique, nous pouvons le ressentir comme un fil conducteur, comme les rails de ce train qui apparaît régulièrement à l’écran. Ce convoi nous rappelle que ça n’est pas moins le but, que le voyage lui-même qui est important. Au travers de ces successives tentatives « d’analyses » de la parole, ce sont des personnes  qui se révèlent à nous , perdu entre poésie et folie douce, une vérité universelle sur un état de l’âme.
Kinophasie était une œuvre marquante de la compétition, l’un des membres du jury allant jusqu’à mentionner Tarkovski pour décrire le travail de cet ancien étudiant de Lussas. Comme nous l’espérions cette première réalisation prometteuse ne restera pas sans suite puisque Alexander Abaturov est actuellement sur le tournage de son prochain film, à Murmansk en Russie.

Beverley Robert-Wyss





Les enthousiastes




Vidéo : Cyril Vanhelstraeten




Aparté sur la compétition

Questions à Audrey Espinasse


Quelle a été la genèse du film  La nature des choses ?

C’est tout d’abord un lieu. J’ai vécu deux ans dans les Alpes de Haute Provence.

Dans le monde rural, le temps est appréhendé autrement, le passage des saisons, l’agriculture, l’élevage, chaque chose existe dans un éternel recommencement.

Je vivais à l’époque à côté d’un immense abattoir. A l’approche des fêtes de pâques, les agneaux affluaient par milliers sur les mêmes routes qui étaient désertes le reste du temps. Forcée de contempler ce passage, l’agneau s’est peu à peu imposé en personnage, l’agneau pascal.

Qu’est ce qui vous a poussé à réaliser ce film ? Que vouliez-vous montrer ?

Enivrés par des technologies galopantes qui repoussent toujours un peu plus les frontières du "possible",  nous parvenons à éloigner tout ce qui touche à la mort. Je voulais travailler sur ce qui renvoie encore l’Homme à sa part animale, à l’enfermement malgré toutes nos constructions mentales, immatérielles, dans un corps soustrait aux lois de la nature. Non pas pour dire "Rappelle toi que tu vas mourir" mais pour explorer l’importance de chaque petite chose au regard de la mort. Lorsque le corps de "l’agneau pascal", couché sur une table, est scruté par une main délicate, on est plus tout à fait avec de la viande, on est avec le contact charnel entre deux matières. Suivre le cheminement de l’agneau pascal dans sa symbolique religieuse, mais avec un point de vue matérialiste, renvoie paradoxalement à une spiritualité qui dépasse les frontières de la religion.

Combien de temps avez-vous mis à le réaliser ? (phase d’observation, tournage, montage).

La phase d’observation a été assez courte. Je me suis rendue sur les lieux de tournage en sachant qu’il me serait difficile de trouver ce que je cherchais, donc je ne voulais rien rater. Ayant tourné avec un matériel assez léger, sans lumière additionnelle, je savais que chaque plan existerait dans un assemblage de choses peu prévisibles.

Pour la première partie du film, il m’a fallu plusieurs lieux pour créer l’espace qui réponde le mieux possible au sujet du film. Je voulais que cette "mécanique mortuaire", arbitraire, parte de la main de l’homme pour devenir ensuite peu à peu mécanique industrielle, d’abord au travers des machines, puis jusque dans les mâchoires qui finissent de délier ce qui reste encore de matière solide.

Il y a aussi les lieux qui m’étaient interdits. Une femme ne peut pas entrer dans le réfectoire des moines… La séquence du repas était pour moi la plus importante mais aussi celle où la création d’un lieu sur la base de plusieurs espaces était impossible. Tout avait été tourné en prévision d’une scène finale qui donnerait à voir une sorte de "repas des Dieux". C’est grâce à Sami Lorentz que cette séquence existe, à la sensibilité de son point de vue. La justesse de son regard a dépassé toutes mes attentes.

Le montage a été assez long. Le film faisait au départ près de quarante minutes. On s’installait alors de manière plus forte dans les lieux, dans chacune des trois séquences. Cette temporalité laissait place à un soupçon de naturalisme préjudiciable aux intentions du film. J’ai peu à peu coupé tout ce qui pouvait rattacher ces lieux à leur existence propre pour mieux creuser l’expérience sensible de ce voyage aux côtés de l’agneau pascal. Les différents lieux devaient former un tout dans La nature des choses. Ils sont reliés par des espaces où transitent les matières liquides, vaporeuses… La distance qui me paraissait la plus juste s’est imposée peu à peu avec le temps.

J’ai commencé ce film il y a deux ans, je l’ai terminé fin septembre au Fresnoy.

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Propos recueillis par Marjolaine Chaffard






Alexander Abaturov




Vidéo : Cyril Vanhelstraeten





Rencontre-Débat webdoc/cross-média


La ruée vers le Web...


Avec le concours des membres du projet Transfo’mateur de Doris Buttignol, et Dan Weingrod de Quark Production, co-producteur du webdoc Codebarre. Docencourts nous proposait dans l’après midi de samedi, d’explorer à travers ces deux projets le nouveau paysage 2.0...

A la fois collection de portraits d’une jeunesse rhône-alpine, projet de film unitaire (Totale Expression) et plateforme internet, Transfo’mateur est un projet multiple exemple d’un croisement des médias dans le cinéma documentaire. Ce moyen d’expression qui s’est naturellement développé sur le web (vidéos, blog, réseaux sociaux...), Doris Buttignol l’explore à travers le prisme cinématographique et le dispositif d’une cabine de « photomaton ». La préparation au passage en cabine est l’objet du film documentaire Totale Expression (52 min). Mais si cette autre production reste dans l’univers « habituel » du documentaire, la nouveauté est l’utilisation d’une plateforme internet dédiée à ces portraits. Une véritable interactivité s’exprime, donnant la possibilité de poster des commentaires et de nouvelles vidéos par d’autres jeunes de cette « génération Y ».

Un autre exemple de cette voie du web est Code Barre. Si internet est une nouvelle interface dont les anciennes chaînes hertziennes (nouvellement numériques) découvraient les rouages il y a quelques années, la vitesse supérieur est maintenant enclenchée. Finit les compléments « bonus » disponible sur le net, maintenant c’est une nouvelle volontés de totale hybridation des médias qui apparaît. C’est actuellement le cas chez Arte comme nous l’explique Dan Weingrod de Quarck Production. Cette société parisienne co-produit avec Arte et l’ONF le programme Code Barre actuellement et essentiellement sur internet. Le concept: des petits films d’une minute réalisés par des cinéastes français et canadiens proposant leurs visions singulières sur des objets du quotidien. Code Barre est un concept parmi les concepts: l’activation des vidéos par scanne (webcam, application smartphone) des code barres est une innovation qui ouvre la voie des futures outils (géo-localisation, QR code,...) qui serviront aux webdocs de demain.

Le « click » de la souris permet une consommation et une navigation dans les programmes encore plus personnalisées que celui de la télécommande. Depuis 2008 l’ordinateur a détrôné la télévision pour devenir « l’écran » le plus regardé par les 18-34 ans (source AFP-mediawatch). Il est donc naturel, si ce n’est nécessaire, pour les chaînes de développer ce secteur. En cela, la discussion très intéressante à ce sujet qui a eu lieu cette année au festival nous a fait prendre conscience de la mutation des médias qui va toucher de plus en plus le documentaire.

Beverley Robert-Wyss




Jean Gabriel Periot et Thibaud Ponchon - Lycéens à Doc en courts


Photo : Léa Gerber




Lycéens à Doc en Courts


La séance de 10h du vendredi 2 décembre était une séance spéciale, puisqu’elle conviait des classes de lycées à la projection et à l’analyse de deux court-métrages documentaires, tirés du DVD Doc en cour(t)s, récemment édité par le CRDP de Lyon.

Ont donc été projetés L’Usine s’engage de Jacques Mitsch, tourné sur le site de l’usine AZF de Toulouse quelques mois après l’explosion, et mis en regard avec un reportage de France 3 fait le jour du désastre, pour faire voir et entendre les différences entre reportage et documentaire, et le film Nijuman no borei (200 000 fantômes), film-deuil sur Hiroshima, de Jean-Gabriel Périot, en sa présence.


Présentée et animée par Thibaud Ponchon, étudiant de Master à l’Université Lyon 2, la rencontre interrogeait la difficulté à représenter la catastrophe, et donc les enjeux esthétiques, éthiques et politiques du cinéma documentaire. Une rencontre qui a donné lieu à des échanges animés, et à une réflexion et des propos pertinents de la part des élèves.


Jimmy Deniziot




Aparté sur la compétition

Questions à
Patrice Goasduff


L’un de vos premiers films, Le Tracteur d’Orgueil, portait déjà sur les tracteurs. Les chevaliers peut-il être entendu comme un retour aux origines ?

Si le tracteur est le point commun entre ces deux films ils sont diamétralement différents, sur le fonds et sur la forme. L’un est engagé, l’autre totalement distancié. L’un est une approche du tracteur comme vecteur d’une transformation socio-économique et de choix d’orientations économiques sur fonds d’après guerre, l’autre s’intéresse au tracteur comme un sport, un plaisir à la campagne au XXIème siècle, au sein d’une société de loisir.

Il y a des thèmes et des cadres récurrents que l’on retrouve d’un film à l’autre : la place de la machine, sa fonction, la modification du paysage (rural ou urbain), l’apparence, l’apparat, la représentation, la course, la domination…

J’ai un intérêt constant pour le monde rural que je regarde évoluer. Parlons donc plutôt de continuité plus que de retour aux origines. Lorsque je fais la trilogie Chantier, je travaille en parallèle un film qui s’appelle Le meilleur des mondes et qui s’intéresse aux projets d’installations alternatifs en milieu rural.

Depuis 10 ans, je croise les films qui prennent pour cadre le monde rural et ceux qui se déroulent dans l’espace urbain. Chaque film fait partie d’une série de films.

Les chevaliers annonce une nouvelle série et s’inscrit dans un projet qui vise à faire un inventaire des pratiques culturelles contemporaines actives dans le monde rural.

Quelles sont les raisons personnelles, plastiques, thématiques qui vous poussent à tourner votre regard de cinéaste vers les milieux ruraux ?

Il y a effectivement différentes raisons qui me poussent à m’intéresser au monde rural.  Je regarde le monde rural comme un espace duquel je peux extraire des éléments, des idées, des faits suffisamment forts qui toucheront tout un chacun. Je vois dans le monde rural un catalyseur de comportements symboliques.

La figure du paysage m’intéresse aussi et traverse tous mes travaux qu’ils soient filmiques ou photographiques. 

J’ai aussi simplement un réel plaisir à me promener dans des fermes, des exploitations agricoles et des affinités avec différentes personnalités du monde rural.


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Propos recueillis par Flavien Poncet





Jean Gabriel Periot

Photo : Léa Gerber




Rencontre avec Jean-Gabriel Périot


Il existe des moments, lors d’un festival de cinéma, où l’on se sent profondément heureux. Les rencontres entre un cinéaste et un public en font très certainement partie.

Ce fut le cas ce jeudi 1er décembre durant la master class de Jean-Gabriel Périot, dans le cadre des workshops « histoires d’archives ».

Devant une assistance qui dépassait le cadre universitaire, Jean-Gabriel Périot nous a présenté une partie de son travail de montage d’archives, un travail indispensable dans ses interrogations politiques et d’une grande poésie.

Par un intelligent montage de photographies ou de films, il réalise des courts-métrages documentaires qui interrogent des moments de l’Histoire où les hommes ont fait preuve d’une violence extrême : Hiroshima, Auschwitz, la tonte des femmes à l’épuration ou encore la mort de l’activiste Carlo Giuliani, tué par des policiers lors des émeutes anti-G8 de Gènes en 2001.

A l’opposé de la malhonnêteté intellectuelle de la télévision, Jean-Gabriel Périot fait confiance au regard et à l’intelligence du spectateur et ne dissimule pas son montage, car c’est grâce à celui-ci que l’image nous apparaît, se laisse interroger, et nous hante.

Son film Les Barbares (4’), est en compétition.


Son site internet

Jimmy Deniziot





Interview de Martin Goutte


Vidéo : Cyril Vanhelstraeten




Soirée Yann Le Masson

Ce sont des films clandestins qui ont été présentés ce soir. Ou plutôt, des films qui grâce à une édition en Dvd très récente, ont pu sortir de la clandestinité et ainsi obtenir la visibilité qui leur est due.
Avec J’ai huit ans et Sucre Amer, Yann Le Masson nous offre un tour du monde qui fait dialoguer le lointain et le proche, le politique et l’intime, des films qui, selon font réfléchir plutôt que de dire quoi, et surtout, comment penser.

J’ai huit ans est le portrait d’une génération. Film chorale qui porte la parole d’un groupe - celle des enfants algériens qui nous parlent de la guerre - il est construit à partir de voix collectées par la compagne de Yann Le Masson, Olga Poliakoff, de dessins ainsi que de portraits d’enfants, tournés en plans fixes. Le Masson nous propose de voir la guerre avec ces enfants qui nous la présentent de leurs manières à eux, avec leurs mots.

Pour réaliser Sucre Amer, Yann Le Masson s’est fait passer pour un reporter de l’ORTF, si la supercherie lui a value le titre d’usurpateur, elle lui a néanmoins permis de réaliser le premier film de campagne en son direct. D’ailleurs, lorsque l’on voit ces images, on comprend que le réalisateur ait du faire voyager son film par bateau dans des boîtes de Papaye et qu’une fois réalisé, il soit demeuré interdit pendant dix ans. En effet, c’est un cinéma accusateur d’une justesse est d’une impertinence rare. Yann Le Masson nous présente, preuve à l’appui, une gigantesque fraude électorale et n’hésite pas à orienter les regards afin de mettre en lumière la fabuleuse manipulation des images - des procédés que lui-même utilise de manière assumée -.

Elise Hug





Jérôme Gouy

Photo : Léa Gerber





Workshop Jérôme Gouy

Pour le troisième workshop de la semaine, l’invité de Doc en Courts était Jérôme Gouy, délégué régional de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA). En effet, depuis 1993, l’INA possède une délégation régionale à Lyon, qui couvre les régions Rhône-Alpes, Auvergne, Bourgogne et Franche-Comté. Cette rencontre fut l’occasion de découvrir une nouvelle pratique liée à l’archive : la conservation et la valorisation de la mémoire audiovisuelle.

La séance a débuté avec la projection de « De Gaulle dans Paris libéré », un film retraçant le défilé du Général De Gaulle sur les Champs Elysées lors de la libération de Paris le 16 août 1944. Il est issu de la collection documentaire « Mystères d’Archives », dirigée par Serge Viallet et coproduite par Arte et l’INA.
« Les images racontent des histoires, nous racontons l’histoire des images », a dit Serge Viallet. Telle est donc la démarche des auteurs de cette collection que nous a présentée Jérôme Gouy : « Le film est une scénarisation du réel, il faut s’interroger sur la personne qui l’a fait, la manière dont elle l’a tourné, et pourquoi ». Chaque épisode est ainsi construit comme une enquête visant à décrypter et à comprendre les images témoignant de notre histoire.

La seconde partie de cette rencontre fut consacrée à l’histoire et à l’activité de l’INA, dont la naissance remonte à l’année 1974, suite au démantèlement  de  l’Office de Radiodiffusion-Télévision Française (ORTF). Une des principales missions qui lui sont confiées est la collecte et la sauvegarde des archives de la radio et la télévision françaises, auxquelles viendra s’ajouter en 1992 le dépôt légal de l’ensemble des chaînes de radio et de télévision.
Jérôme Gouy a également abordé une des principales difficultés de l’INA : la conservation des documents, dont les supports se détériorent au fil du temps. En 1999 a donc été lancé un vaste plan de numérisation des archives, qui devrait s’achever en 2017. Mais plus que cela, le numérique est aujourd’hui un enjeu majeur, il entraîne notamment de nouvelles demandes auxquelles l’INA doit s’adapter. La numérisation lui permet de donner une dimension multimédia à ses archives, de les rendre plus accessibles, et de réconcilier le temps long souvent associé à l’archive et la réactivité commerciale.

Laura Delsignore





Aparté sur la compétition

Questions à Amandine Faynot


Quelle a été la genèse du film ADAK?

Comme présupposé de départ, j’ai choisi la Turquie comme lieu de tournage avec l’idée précise de chercher dans le sacrifice du mouton l’expression d’une transmission entre génération. C’est à dire la transmission du savoir faire rituel au sein du noyau familial, grand-père, fils, petit-fils. Au fil de mes rencontres, mes idées préconçues sur le sacrifice se sont modifiées, à la manière d’un anthropologue, j’ai découvert différente manière de faire (industriel-familiale...).

Je n’ai pas choisi la Turquie pas hasard, en effet elle est un pays laïque à tradition musulmane, entre l’orient et l’occident.

Que signifie le mot ADAK?

Le mot ADAK est turc, il signifie "offrande" en français, il est un terme qui est principalement utilisé dans la religion musulmane.
ADAK est une offrande faite à dieu, une offrande qui s’accomplit de manière journalière. On remercie Dieu pour de nombreuses raisons, par exemple à l’arrivée d’un nouveau né, une maladie guérit, la mafia Turque fait couler du sang pendant le sacrifice, ainsi le leur ne coulera pas... 

Avez-vous hésité à montrer frontalement la violence de ces sacrifices ?

Je n’ai pas hésité à montrer frontalement la violence de ces sacrifices, mais elle arrive progressivement dans mon montage.
Je ne prends pas le spectateur en otage, le premier sacrifice est effectué derrière un poteau métallique, les premiers sont filmés avec la distance du lieu aseptisé. Puis lors de la fête du sacrifice, je m’approche de la chair, et du sang de l’animal.

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Propos recueillis par Jérémy Aubert






Conversation avec Dario Marchiori

(soirée Jeanne Liotta)




Vidéo : Cyril Vanhelstraeten
le 29/11/2011






Soirée Jeanne Liotta


C’est une séance particulièrement dense qui nous a été proposée en ce mardi 29 novembre, pour la troisième soirée de l’édition spéciale 2011. Sur le fond sonore du ronron mécanique que produisait le projecteur, nous avons pu voir défiler une sélection de 6 des courts métrages de Jeanne Liotta, réalisatrice Américaine de films expérimentaux. Il est rare de pouvoir apprécier de tels films, à la visibilité réduite en Europe, dans les conditions de projection qui nous ont été offertes. L’occasion était donc exceptionnelle. D’autant plus que, bien au-delà du fait que 5 des films montrés étaient des copies 16mm et sur grand écran, leur contenu était également l’occasion de s’attarder sur une branche du cinéma peu exposée : le cinéma expérimental.

La selection de films qui nous a été proposée par Dario Marchiori nous permettait ainsi de poser notre regard sur ce que le cinéma de Jeanne Liotta a de plus personnel, particulier, mais aussi sur ce que les frontières entre les genres ont de plus flou. Comme l’a justement remarqué Jacques Gerstenkorn, celles ci sont plus des effets de langage qu’autre chose, et poser sur ces films un regard documentarisant nous permet d’élargir notre vision du réel. Peut être est ce d’ailleurs là un des buts de l’art ?

Toujours est il que ce soir là, il était bon d’à la fois pouvoir regarder le monde à partir du ciel, ainsi que de se remémorer le caractère éphémère de toute chose. La séance débutait là où celle de Claire Simon finissait : la perte d’un être proche, pour finir sur un orage en négatif, saisissant. Autant de signes que le cinéma documentaire n’est pas que la transmission d’un savoir, c’est aussi la transmission de l’incertitude de notre condition. Et tant d’autres choses.

Léa Gerber




De Jean-Louis Le Tacon à Jeanne Liotta








Rencontre avec Véronique Lhorme


Lors du workshop de ce mardi 29 novembre, nous avons pu rencontrer Véronique Lhorme, réalisatrice et productrice de films documentaires (avec la société de production La cuisine aux images), venue nous raconter et nous montrer une maquette de son projet Propaganda Kompanien, initié en 2009.

Ce fut l’occasion d’amorcer une discussion autour des images récoltées par les reporters des compagnies de propagande militaire créées par Hitler et Goebbels.
Son film repose sur des témoignages d’historiens, de spécialistes, d’enfants de ces caméramen, ou de specateurs qui, à l’époque, ont vu ces films de propagande et, surtout, sur le gigantesque fond d’images d’archives conservées par l’ECPAd au fort d’Ivry, que tout un chacun peut consulter sur place.
Ces images, bien trop souvent utilisées au premier degré, données comme des vecteurs de vérité, de réel, sont ici recontextualisées par rapport à leur rôle d’images de propagande, et non retouchées, puisqu’elles "font partie de l’Histoire".
Des questions ont alors pu être soulevées, comme les problèmes de contraintes des chaînes de télévision, ainsi que des questions liées à la mémoire des témoins de l’Histoire. Autant de points qui soulignent le rapport complexe entre l’Histoire et sa restitution, une relation aussi riche et intéressante que celle que Véronique Lhorme entretient avec ce matériau qu’est l’archive.
Propaganda Kompanien a été acheté par la chaîne Planète, et fera l’objet d’une diffusion en 2012 ou 2013, diffusion peut-être accompagnée d’un livre et d’une exposition.
Jimmy Deniziot / Léa Gerber
le 29/11/2011





Aparté sur la compétition

Questions à Alexander Abaturov


Quelle a été la genèse du film Kinophasie?

L’idée de ce film est née au début de mon séjour en France quand j’éprouvais des difficultés à m’exprimer. J’ai alors été confronté a une sorte de distanciation et l’enregistrement sonore, découvert quelques années auparavant, entrait en résonance avec cette sensation. Je me sentais dans ce nouveau pays en schizophasie. C’est ce sentiment qui m’a  poussé à faire ce film.


Que recherchiez-vous en tentant de résoudre l’énigme entourant cette bande magnétique?

La questionnement du film dépasse la simple réflexion sur la schizophasie. Il met en lumière des questions de compréhension et d’incompréhension, de perception du monde, de l’art et du regard que tout un chacun, personnellement, nous en faisons.


Cette enquête n’était elle pas juste un prétexte?

Pendant mes recherches et mes rencontres avec certaines personnes j’ai découvert que l’interprétation de cette bande n’était pas possible sans s’intéresser à des histoires personnelles. Cela m’a permis de parler d’autres choses, de partir plus loin et de transformer la simple étude d’un syndrome médicale en un acte poétique et esthétique.

Au final, le mystère reste entier.

A ce jour, avez-vous eu de nouvelles informations sur cette bande magnétique?


La voix sur cette bande reste toujours anonyme.

Quelles place donnez-vous aux nombreux plans fixes qui jalonnent le film?


Avec ces plans je découpe l’espace, je recadre et reconstruis les univers personnels de mes personnages. Les gros plans sont des points d’abstraction et de focalisation en même temps. C’est une esthétique qui signifie quelque chose, une esthétique "parlante". 



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Propos recueillis par Jérémy Aubert





Véronique Lhorme


Photo : Léa Gerber





Soirée Jean-Louis Le Tacon


La deuxième séance spéciale de Doc en courts était consacrée à Jean-Louis Le Tacon, auteur d’essais cinématographiques dont la somme est une oeuvre difficilement cartographiable, à la fois grinçante, poétique et politique et qui laisse une place privilégiée à l’imaginaire et aux mondes intérieurs.

Etaient projetés ce soir quatre de ses films dont un clip vidéo du groupe Unik :

- Bretonneries pour Kodachrome (1974, 13’, super 8), film mordant qui moque ces bretons de carte postale vendant leur folklore et leurs noces à des touristes en passage ;

- Cochon qui s’en dédit (1979, 37’, super 8), court-métrage ethnographique tourné dans le cadre d’une thèse de doctorat en cinématographie, sous l’égide de Jean Rouch, et certainement son film le plus connu. Un film violent et poétique qui met en




Jacques Gerstenkorn et Jean Louis Le Tacon



Photo : Anna Ostapetz




Aparté sur la compétition


Questions à Jacques Faton


- Jacques Faton, vous avez réalisé de très nombreux courts-métrages en Afrique, à Dakar notamment. Pourquoi poser votre caméra et élaborer votre cinéma à cet endroit ?

Je me permets ici un court historique de nos activités.
Les travaux (films et publications) que j’ai réalisés ont tous été effectués dans le cadre des activités de l’Atelier Graphoui, atelier de production que nous avons fondé en 1979.
En 1988, 2 membres de cette association sont retournés au Zaïre (ex-Congo Belge) pour y tenir un atelier de formation. Cette initiative a déclenché divers partenariats avec des pays africains : Burundi, Mali, Burkina Faso,Sénégal, Benin, Maroc, Tunisie.
Ces échanges entre artistes du nord et du sud nous ont permis de réaliser plusieurs films sur les thèmes suivants : « Quel est ton proche, quel est ton lointain ? », « La parenté à plaisanterie», « Se jeter à l’eau »,
« Les petits métiers », …et la pratique du football dans les quartiers.

- Votre style tient à un dispositif simple : 8 panoramiques sur des terrains de foot dans la banlieue de Dakar. Comment vous est venue l’idée ?

Nous souhaitions rendre visible le paysage « foot ».
Dans un premier temps, nous avons tenté une suite de zooms avant en centrant le cadrage sur des éléments du paysage que la caméra découvrait progressivement.
Les premiers panoramiques tournés par Alpha Sadou Gano nous ont rapidement convaincus par leur stabilité et leur rythme lentqui permettent au regard de s’attarder sur des petits détails de l’image.
Ce dispositif nous permet de faire voir l’arrière-plan et de le nommer.
Par ailleurs,nous aimerions mettre l’accent sur un autre dispositif important à nos yeux : l’association de plusieurs points de vue sur une thématique donnée (la nôtre au nordet celle d’Alpha au sud).
Quelques questions guident notre engagement :
. Comment développer un sujet à caractère documentaire sans(trop) prendre le pouvoir sur son discours ?
. Comment impliquer l’autre dans la réalité filmée ?
Ces questionsnous poursuivent depuis de longues années lors de chacune de nos démarches en Afrique.
Nous pensons ici à l’influence du travail passionnant de Trinh Minh Ha, anthropologue visuel américano- vietnamienne qui pose la question de l’image que la personne filmée donne d’elle-même. En filmant un mineur dans ses habits de travail, le réalisateur propose une image que ce mineur ne souhaite pas toujours donner de lui même. Par contre, un directeur d’entreprise ou un personnage politique filmé dans son bureau donne une image valorisante de son statut.
C’est pourquoi Trinh Minh Ha choisit de filmer ses interlocuteurs dans le lieu et avec les habits de leur choix.
Pour notre part, après avoir choisi une thématique (proposée selon les cas, soit par nous, soit par le partenaire, soit après discussions), nous établissons un processus de travail qui nous permet de créer notre propre point de vue (en filmant, en dessinant). Parallèlement, nous mettons en placeles conditions de création pour nos interlocuteurs (artistes, intervenants, enfants). Cette prise de paroles créative passe souvent par une formation aux outils de prise de vue, de prise de son et d’animation.
Dans le cas du film « LAAR », nous avons proposé le contenu et le protocole. Alpha a filmé et sonorisé le résultat.
Dans le même esprit « LAAR » est accompagné d’un autrefilm, coordonné par Eric Dederen et réalisé par les enfants de Keur Massar / Malika. Cette animation,constituée de dessins en mouvement (crayon sur papier), est filmée en négatif et propose le regard des enfants sur leur rapport au football.
Par ailleurs, tout au long de notre séjour sur place à Keur Massar , nous avons été accompagné par Ibrahima, un artiste local qui a réalisé des dessins des différents terrains observés (vues aériennes sous la forme de plan) . L’ensemble de ces traces forme la matière d’une exposition.


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Propos recueillis par Flavien Poncet





Interview de Claire Simon


Vidéo : Cyril Vanhelstraeten




L’édition spéciale : Soirée Claire Simon


Cette année Doc en courts inaugure un nouveau rendez vous : les soirées spéciales. Le festival est ainsi organisé en deux temps. Les cinq premiers jours sont consacrés, en journée, à des rencontres avec des professionnels de l’image autour de la question de l’archive, et, en soirée, à l’édition spéciale, qui nous permettra de découvrir ou redécouvrir des premiers films courts d’auteurs. La seconde moitié, l’âme du festival, offrira un tour d’horizon du jeune cinéma documentaire et une séance à part, programmée par Les Enthousiastes, une association d’étudiants dévouée au cinéma documentaire.

Ainsi nous fut présentée à l’occasion de la toute première séance spéciale de Doc en courts, ce soir, Claire Simon, autour de ses trois premiers films : Moi non ou l’argent de Patricia, Mon cher Simon, et Une journée de vacances. Trois films qui traduisaient la forte humanité dont le cinéma de Claire Simon est toujours emprunt, et qui trouvent une résonance face à notre société actuelle, dans notamment le rapport à l’argent qu’ils questionnent, mais aussi, plus largement face à notre conditions humaine. La mort, la liberté, sont ici traités non plus comme de simples sujets, "à propos" desquels on ferait un film, mais comme des ressorts vitaux, des problèmes qui viennent hanter l’oeuvre.

Lors des prochaines séances spéciales seront à l’honneur Yann Le Masson, Jean-Louis Le Tacon et Jeanne Liotta.

Jimmy Deniziot / Elise Hug / Léa Gerber





Claire Simon



Photo : Léa Gerber





Ouverture



Vidéo : Cyril Vanhelstraeten





L’ouverture du festival



Cette année encore, le festival Doc en courts a trouvé refuge au Musée des moulages, pour sa 11ème édition. Et il n’est pas le seul : en effet, en même temps que l’ouverture du festival, avait lieu hier soir le vernissage de l’exposition Bruno Théry, créateur des affiches de Jazz à Vienne et compagnon artistique de nombreux festivals et structures, parmi lesquels Doc en courts lui-même.
C’est donc sous le signe de la connivence et de l’amitié que s’est ouverte cette 11ème édition du festival du jeune cinéma documentaire. Le rythme de la musique du film de Roger Tilton, Jazz Dance, qui était projeté en continu dans la salle accompagnait les visiteurs déambulant parmis les statues antiques du musée des moulages et les affiches colorées de Théry, entre deux époques.
Une belle façon d’entamer cette édition du festival, qui s’affranchit des limites temporelles, et nous permet de découvrir d’un regard neuf, les débuts de plusieurs grands noms du court métrage documentaire. Ce soir là il s’agissait de Claire Simon, qui nous présentait ses trois premiers films en super 8, des images venues d’autres temps qui pourtant ont trouvé ce soir là un écho particulièrement émouvant.

Léa Gerber/ Jimmy Deniziot





Quelques heures avant...


Photo : Léa Gerber


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