Le 29 novembre
Diane Wellington : grand prix de la 10e édition Vidéo : Ludivine Letertre / Alisa Lachinyan
Le 29 novembre
Trois prix pour Like Love de Sarah Cunningham Réalisation: Jacques Gerstenkorn / montage: Alisa Lachinyan
Le 28 novembre
Prix jury étudiant: LIKE LOVE
Le charme de Sarah Cunningham... ... Regard sur son geste documentaire
Like love de Sarah Cunningham a mis le jury étudiant d’accord.
Pourtant la tâche était ardue et le jury hétéroclite (nationalités,
études et envies de cinéma différentes). Nous avons tous les cinq été
séduits par ce court-métrage, cette jeune réalisatrice et sa caméra
16mm. Seulement 5 heures de rushes pour 30 minutes de film et chaque
plan, sans être écrit dit-elle, est d’une grande sincérité. Le
spectateur entre discrètement dans le quotidien de Jacob, ami lourdement
handicapé de la réalisatrice. Son corps n’est dévoilé qu’avec une lente
pudeur, Sarah prend son temps, elle filme l’intimité du couple sans
intrusion, à la manière de l’aide soignant qui s’occupe de Jacob. Car il
s’agit bien là des histoires d’amours de ce personnage atypique:
Ramona, ses parents, ses amis et la philosophie, que Jacob enseigne à
l’université. Il nous invite alors à ne pas céder à l’écueil du "si
seulement", quant à Sarah Cunningham, elle parvient, en douceur, à nous
rappeler le handicap du jeune homme qu’on aurait presque tendance à
oublier.
Margot Nguyen Beraud
jury étudiant 2010
Le 28 novembre Que pensez-vous du festival ? ...les cinéastes ont la parole...
Vidéo : Justine Lévèque
Le 27 novembre 
Le jury avant la remise des prix (de gauche à droite) : Olivier Zabat, Bruno Théry et Martin Goutte 
De gauche à droite : Patrice Charavel, Pascal Solli (Service culturel de Lyon2), Gauthier Beaucourt, Francis Forge et Maxime Hot (Les Enthousiastes)
Photos : Alisa Lachinyan
Le 27 novembre DOCton du jour « La peste du documentaire, c’est de vouloir expliquer le monde sans cet énorme trou du doute, du non-savoir . »
Johan van der Keuken
Le 26 novembre "Chacun y met ce qu’il a dans la tête"
Vidéo : Alisa Lachinyan
Le 26 novembre
Pas à pas… LA COMPÉTITION
Rencontre de la jeune création
contemporaine
4 séances, 14 films, un voyage au sein
de l’histoire, de la beauté et du monde.
Ce festival est un extraordinaire
cadeau fait aux curieux et passionnés de cinéma, une possibilité
de voir sur grand écran des films documentaires mettant en exergue
la force et l’excellence de la jeune création contemporaine. Des
films, qui plus est, parfois même inédits tel que Mots d’Elles
de Valéry Gaillard avec Xavier Lambours.
Une chance, oui, une chance à ne pas
rater.
Pour les retardataires… projection du
palmarès samedi soir.
Un mot de Ludivine Letertre, assistante
programmation de la compétition Doc en courts :
«Plus qu’une compétition, il s’agit
davantage de donner à voir des films rares, que les écrans qui
nous envahissent ne montrent pas. Les 14 films sélectionnés nous
posent des questions sur notre humanité et sur le temps qui passe
- souvent trop vite - et emporte nos souvenirs. Les regards
et les approches cinématographiques sont divers mais tous les films
révèlent une sensibilité à la fragilité des liens qui nous
unissent, à la poésie qui nous entoure et au comique de
certaines situations. »
Justine Lévèque
DU GRAIN A MOUDRE (8) Questions à Arnaud des Pallières (Diane Wellington) Pourquoi ce
retour à une forme courte entre deux longs métrages ? Je
ne conçois pas cela comme un « retour ». Et j’espère
garder toujours la liberté de faire des films de la durée qui leur
sera nécessaire. Il n’y a pas, pour moi, de différence de nature
entre un film long et un film court. Il y a des différences de
marché. Un court métrage est une sorte de signe de vie, plus libre
de la loi du marché.
Le
film réactive magnifiquement l’esthétique du cinéma muet, avec
le recours aux intertitres pour porter la narration. Cela rend
« l’énonciation » contemporaine des faits racontés…
D’où vient cette idée d’une posture narrative en phase avec la
teneur du récit ?
D’un
respect des images et de leur mystère. De ma totale ignorance quant
à leur origine. Ces images étaient muettes lorsque je les ai
trouvées. Les « ventriloquer » à l’aide d’une voix
off aurait été irrespectueux. J’ai préféré me confronter à
l’infinie puissance de silence de ces images du passé qu’on
appelle « images d’archives ».
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Le 26 novembre Séance Perspectives 
Ben Russell Photo : Alisa Lachinyan
Le 26 novembre DOCton du jour « Le cinéma de fiction est dans son principe beaucoup moins illusoire, et beaucoup moins menteur que le cinéma documentaire parce que l’auteur et le spectateur savent qu’il est fiction, c’est-à-dire qu’il porte sa vérité dans son imaginaire. Par contre le cinéma documentaire camoufle sa fiction et son imaginaire derrière l’image reflet du réel»
Edgar Morin Le 25 novembre
LE
SON DU DOCUMENTAIRE
Conférence donnée au
Musée des moulages de l’Université Lumière Lyon 2 dans le cadre
de la 10e
édition du festival Doc en courts le 25 novembre 2010.
Postulat :
Au début de l’ère sonore, le cinéma de fiction se réfugie à
l’abri du studio, alors que le documentaire s’aventure de par le
monde.
Déjà, Jean
Epstein écrit en novembre 1930 : « Ce n’est plus dans
l’acoustique simplifiée du studio qu’on poursuivra d’utiles
expériences, c’est à travers les champs sonores du vaste monde
qu’il faut essaimer les micros en cherchant pour eux des
rabat-sons, des filets sélectifs. » Quelques
mois plus tard, André Citroën lance l’expédition dite de la
« Croisière jaune » qui compte parmi ses membres un
ingénieur du son de vingt-quatre ans, William Sivel, qui pourra
rapporter les témoignages sonores de l’expédition, réalisés
depuis une autochenille grâce à un générateur électrique sur
système d’enregistrement RCA.
Il faut
s’arrêter un instant sur la petite guerre des brevets
d’inscription du son sur pellicule au début du « parlant »,
que je préfère intituler « sonore » en matière de
cinéma documentaire. Deux procédés sont en concurrence,
l’enregistrement en densité fixe, soit le système RCA, et
l’enregistrement en densité variable, soit le système
Gaumont-Petersen-Poulsen, réputé plus sensible, mais tributaire des
aléas du tirage en laboratoire. C’est le premier qui sera
définitivement adopté, mais c’est sur le second que Jean Vigo
réalise son premier film sonore en 1931, "La
natation" par Jean Taris.
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Photo : Nicolas Cathelin
DU GRAIN A MOUDRE (7) Questions à Isabelle Dierckx (Ça rime et ça rame comme tartine et botterham) Ce projet
doit-il sa genèse à l’acuité du conflit qui déchire
la Belgique aujourd’hui ? J’ai commencé à
prendre des notes pour ce projet en 2001 et j’ai reçu une aide pour
l’écrire en 2006, c’est à dire bien avant que ça ne devienne un
sujet "d’actualité". A l’époque, c’était même plutôt
un peu ringard et beaucoup de personnes me demandaient pourquoi
j’avais choisi cette question.
A
l’origine de ce film, il y a le désir de dépasser le malaise que je
ressens par rapport à mon pays natal (depuis au moins 15 ans, je vis
plusieurs mois par an à l’extérieur, tant ce malaise est fort).
Très vite, au cours de l’écriture du film, la question de la langue
est apparue. Je crois qu’elle était la première couche accessible
sous ce "malaise belge". Actuellement je
travaille sur un autre sujet : le deuil de mon père, c’est une autre
couche du même malaise. Et ce n’est peut-être pas si éloigné: un
pays qui pousse ses habitants à oublier une dimension de leur
histoire familiale, un pays qui a peur d’une identité multiple, a
forcément un rapport biaisé à la mort. Mais cela, c’est une autre
histoire…
Lire la suite Le 25 novembre
Création et Expérimentation Duo Vaudou: un ciné-concert envoûtant
Trois temps, trois performances. Les musiciens
de l’ARFI (Association à la Recherche d’un Folklore Imaginaire) furent à
l’honneur pour cette soirée spéciale où son et image entrèrent en
totale corrélation. Embrassant chacun des deux films projetés de sa
patte chimérique, cette rencontre entre deux arts, mena les spectateurs
dans un non-temps, en apesanteur. Une indéniable mise en lumière du Son
et de ses mirages.
Photos : Alisa Lachinyan
"Ainsi le cinéma sonore peut et doit nous libérer du chaos du bruit parce qu’il l’entendra comme expression: chargé de sens" B. Balazs
Eye for ears de Jérôme Fino... ... la beauté du bruit
" L’idée c’était de documenter tout ça"
Avant d’être un film sur le son, il s’agit
d’un film sonore. Où le Son n’est autre que l’acteur principale, une
instance de la mise en scène qui guide notre regard et nos oreilles, une
expérience sensorielle à part. Des sons à en faire grincer les dents
aux bruits inaudibles, Jérôme Fino les imprègne d’une beauté sonore,
apprendre à écouter et non plus entendre la musicalité des choses.
Au-delà de l’aspect sonore, il s’agit aussi et surtout d’un documentaire
sur le processus de création de ces objets, du "comment ça marche".
Dans la lignée d’Eraserhead de David Lynch ou de Tetsuo de
Shynia Tsukamoto, il est des oeuvres sonores, une symphonie du bruit.
C’est une oeuvre à part, d’une puissante originalité, sans arabesques et
artifices, qui nous est ici offerte.
Justine Lévèque
Le 25 novembreA l’italienne...
Retour sur la rencontre avec Vincent Sorrel et Barbara Vey
Les auteurs de "Le cinéaste est un athlète, conversations avec Vittorio de
Seta", reviennent sur la genèse de leur projet, sur la mémoire de leur oeuvre. 3 semaines passées aux côtés de De Seta, 30h de rushs, une expérience humaine.
Barbara Vey: "J’ai eu envie de faire des films en découvrant les siens" Vincent Sorrel : "Le cinéma peut être réparateur" Vincent Sorrel : "On a l’impression de toucher les films que l’on a pas fait et que l’on aurait rêver faire"

Vincent Sorrel Photo : Alice Ruault
Propos recueillis lors de la rencontre post-projection avec les deux réalisateurs.
Le 25 novembreDOCTON du jour
"Mettons bien les points sur quelques "I". Tous les grands films de fiction tendent au documentaire, comme tous les grands documentaires tendent à la fiction. [...] Et qui opte à fond pour l’un trouve nécessairement l’autre au bout du chemin"
Jean-Luc Godard Le 24 novembreBRÈVE DE DOC ...Graine de son...
Vidéos : Alisa Lachinyan
DU GRAIN A MOUDRE (6) Questions à Xavier Lambours (Mots d’elles) Comment est née votre passion pour la photographie ?
J’ai commencé à m’intéresser à la prise de vue vers 8 ans. Un grand oncle photographe, une mère passionnée d’images, un père dessinateur, beaucoup d’éléments quotidiens propices à développer chez moi cette envie de photographier puis de devenir photographe.
Lire la suite...
Retrouvez les photographies de Xavier Lambours dans notre espace librairie, au sous-sol du Musée des moulages.
DU GRAIN A MOUDRE (5) Questions à Valéry Gaillard (Mots d’elles)
Comment
vous est venue l’idée de ce film ? Quelles ont été les
différentes étapes dans votre travail d’écriture et de
repérages ?Le
film est venu avant l’idée, en quelque sorte ! C’est Romain
Goupil qui m’a présenté Xavier. Lequel cherchait un cinéaste
pour filmer son exposition Xelles à la Cité internationale des
Arts. Nous avons donc commencé par filmer la scénographie, puis,
Xavier travaillant à l’époque le nu en atelier, nous avons fait
venir quelques modèles la nuit du démontage. Ensuite, on s’est
dit qu’il serait intéressant de poursuivre l’aventure. J’ai
donc filmé une séance de travail de Xavier, puis une autre. Et
ensuite seulement, l’idée directrice du film (le portrait du
photographe « en creux » par ses modèles) s’est
imposée. Lire la suite... Le 24 novembre
Espace sonore, espace collectif
Une
journée sous l’égide du Son
« La
musique anemphatique (un son diégétique)
correspond
à un simple changement de cadrage :
au lieu
d’occuper tout le champ avec l’émotion individuelle du
personnage,
elle
nous fait voir le fond d’indifférence du monde.Dans
cette mise en perspective, l’intensité émotionnelle n’est pas
diminuée,
au
contraire, mais portée à un autre niveau, plus collectif
peut-être »1
Quelle est cette
faille par laquelle le microcosme s’échappe pour se mêler au
macrocosme ? Quel nom donner à cette fêlure par laquelle tout
semble possible ? Et si c’était le SON ?
Emplissant les lieux, des
lieux communs et de passage où les mémoires se mêlent,
s’entrelacent et s’individualisent, le Son peut-être vu comme un
cheminement, un parcours, de la mémoire individuelle vers la mémoire
collective, de l’unité à la totalité pour revenir à soi.
S’éprenant des espaces
et des différents temps, il serait à même d’actualiser ce qui
n’est plus et qui a été. Peut-on donc parler d’une figure
atemporelle ? Le musée des moulages s’instaure ici comme un
berceau de la mémoire et du temps, où passé et présent coexistent
et s’enchevêtrent, où les statues fêlent leur cristal
comme pour revivre à nouveau au gré du Son et de ses mouvements
incessants.
Un festival comme lieu de mémoire (et
un blog aussi).
De Seta revisité
Second opus de la
catégorie « Le Son de cinéma », second hommage.
Après
Philippe Roger et sa passion pour Dinu Lipatti, Vincent Sorrel et Barbara Vey nous
livrent le portrait d’un cinéaste.
Découverte d’un maître, immersion au sein d’une
œuvre... Reviennent une nouvelle fois, comme une ligne de vie, ces
prégnantes notions d’amour et de partage. Et comment ne pas
accorder une place notable à ce réalisateur, indéniable pionnier,
de court-métrage documentaire dans l’Italie des années 1950 ?
Un documentaire où il
est question du rapport à l’Autre, du rapport au Son, du
rapport a soi. Comme un parcours sonore. Telles les madeleines
proustiennes, le Son peut-être entrevu comme une empreinte dans
l’âme, une réactualisation du passé, l’entendu menant au vécu,
vers la remémoration d’un souvenir. Une histoire « de
setienne ».
Justine Lévèque
1. Michel Chion, « La belle Indifférente » in Le son au
cinéma. Collections Cahiers du cinéma, p125.
Le 24 novembreDOCton du jour "Je suis un seul plan subjectif que seule la mort peut interrompre."
Alain Cavalier DU GRAIN À MOUDRE (4)Questions à Sylvain Bich (Homo Sapiens photographicus)
Quelle a été la genèse du film
Homo Sapiens Photographicus ?
En fait ce plan séquence
est issu de repérages en vue d’un autre film (celui que je réalise
en ce moment). Il se trouve que cette séquence n’a plus sa place
dans le projet tel qu’il existe aujourd’hui. Aussi parce que ce
plan était trop « important ». Je trouvais que ce plan
« faisait » film, qu’il existait , qu’il racontait
par lui-même, qu’il n’avait besoin de rien d’autre. Lire la suite...
Le 23 novembreBRÈVE DE DOC
... Retour sur le Récital de Besançon ...
Patrice Charavel, responsable du Musée des moulages, et Philippe Roger, auteur du Récital de Besançon : propos pris sur le vif à la sortie de la projection du film.
Vidéo : Alisa Lachinyan Le 23 novembreDOCton du jour « Le représenté
n’est pas le réel »
Roland Barthes
DU GRAIN À MOUDRE (3) Questions à Agnès Frémont (Vous êtes jeune)
Quelle a été
la genèse de ce film ? Pourquoi avez vu eu l’envie de réaliser un
film sur Mme Daniel ? Qu’est ce qui vous touchait chez elle ?
Je viens d’un cursus de 5 ans aux beaux-arts et une formation de
réalisation en cinéma documentaire. J’ai commencé par la
photographie, ensuite expérimenté la vidéo basée sur
l’observation-participation, avant de prononcer le mot
documentaire, ainsi que de la performance. J’ai toujours eu envie
de questionner en images les relations humaines et ce que cela
comporte, le rituel, le culturel, la fuite, l’engouement, le
désintérêt, la retenue, …
J’ai connu Madame Daniel lors d’un travail d’aide à domicile
en milieu rural en préparant des concours de formation
cinématographique. Le film rend compte de cette attirance pour cette
femme d’une autre génération et de mon acharnement à la
provoquer pour faire surgir des souvenirs, des échanges, un passé
de femme d’un autre temps. Ce qui me touchait était le décalage
que nous avions malgré une relation affective. Né d’une
frustration à partager un peu plus avec elle, j’avais envie de lui
apprendre des choses, en somme une transmission intergénérationnelle
inversée. Pour elle, j’incarnais la jeunesse qu’elle ne
connaissait pas ou qui dérape à travers les médias, ce qui
m’intriguait. Plus qu’un portrait, le film porte sur notre
relation, comment elle fait avec moi et comment je fais avec elle.
Lire la suite...
Le 22 novembreUn peu de poésie ... les statues lisent aussi...


Photos : Alisa Lachinyan
Le 22 novembre
DOCton du jour « Mais comment faire pour produire
un nombre suffisant de films que leur écriture, leur forme, leur audace, condamneraient presque automatiquement à être rejetés par les principaux diffuseurs télé ? »
Michel David
DU GRAIN À MOUDRE (2) Questions à... Sophie Goudjil (Nymphéa)
Comment
vous est venue l’idée de ce film ? Quelles ont été les
différentes étapes dans votre travail d’écriture et de
repérages ?
J’ai
envie de filmer ma grand-mère depuis très longtemps pour
différentes raisons. Pour moi évidemment, mais aussi pour le reste
de la famille. Mais je ne savais pas quelle forme ça pouvait
prendre. Et puis j’ai eu cette idée de faire « rajeunir »
ma grand-mère. Mon arrière grand-mère est morte d’ Alzheimer et
à la fin elle se croyait jeune fille. C’est ça qui m’a donné
l’idée d’un film et pas seulement d’une vidéo de famille. Lire la suite...
Le 21 novembre Rencontre(s)
Une séance, des rencontres. Il
est des instants privilégiés que l’on nous donne rarement l’occasion de
vivre dans les salles. Rencontrer, partager, s’exprimer, autant de mots
convergeant vers une idée analogique: ces rencontres sont une instance
de charme, un atout et une force indéniable des festivals. Un bras levé
comme pour signifier une avancée vers l’Autre, un échange, le partage.
Les photos parlent d’elles mêmes, comme les statues nous murmurent à
l’oreille, nul besoin d’en rajouter.
Justine Lévèque

Rencontre avec Philippe Roger à la suite de la projection du Récital de Besançon
Photos : Alisa Lachinyan
Le 21 novembre
DOCton du jour « Il ne faut pas croire que l’absence soit dépourvue d’images.
Sans elles, nous ne pourrions pas
concevoir l’absence. »
Edmond Jabès Le 20 novembre
Un doc au long cours à Doc en courts !
Je deviens maniaque pour
la précision et j’adore la forme parfaite, le moulage impeccable.
C’est pour cette raison d’ailleurs que Ravel m’est si cher.
Chopin aussi. Pas Brahms, mais du tout. Là, c’est l’inspiration,
mais l’ouvrier dans le plus haut sens du mot n’est pas à la
hauteur des deux premiers noms. Dinu Lipatti
Le nom de Lipatti demeure
indissolublement lié au Festival de Besançon : le 16 septembre
1950 à 17 heures un récital eut lieu salle du Parlement ; le
pianiste roumain Dinu Lipatti, miné par la maladie qui devait
l’emporter deux mois et demi plus tard, à l’âge de trente-trois
ans, rassembla ses forces pour jouer en public une dernière fois. La
radio était là, qui enregistra le concert. En 1957, ce témoignage
de l’art d’un génie aussi humble que rayonnant, miracle de
perfection classique et de spontanéité vivante, parut en un coffret
de deux microsillons. Ce reflet sonore d’un instant d’éternité
identifia pour les initiés le nom de la ville à celui du pianiste
et consacra ce concert comme l’un des plus légendaires du
vingtième siècle.

Dans
son « doc au long cours », Philippe Roger esquisse un
portrait de Dinu Lipatti au travers des circonstances de son dernier
concert. Par les chemins de traverse d’un pèlerinage buissonnier,
le cinéaste est revenu sur les lieux en compagnie d’un des plus
proches disciples de Lipatti, le Suisse Jacques Chapuis, du biographe
du pianiste, le Roumain Grigore Bargauanu, et du photographe bisontin
Michel Meusy qui immortalisa cet instant de lutte et de grâce. Le
film rapproche ces témoignages de documents radiophoniques oubliés
(l’ambiance du concert avec son présentateur Noël Boyer, la voix
de Lipatti en français, recueillie avant et après Besançon) pour
rendre sensible le message spirituel d’un être de lumière, d’un
homme de foi, d’un ouvrier
au plus haut sens du mot
qui demeure à jamais notre frère, notre contemporain.
NB : Le film est produit par une
jeune maison de production lyonnaise, « Mythologies de mon
voisin ». Le dvd du film est en vente à la librairie du
festival.

Photo : Alisa Lachinyan Le 20 novembre
BRÈVE DE DOC
Doc en courts : Première !
« Est déclarée
ouverte la dixième édition du festival Doc en courts ».
Vidéo : Alisa Lachinyan
"Je vous salue" Lussas
Il serait prégnant et
envisageable de ne rien ajouter, de laisser la pensée s’agiter,
les questions se bousculer. « Faire silence » c’est
aussi écouter et se rendre sensible à ce qui se passe au-delà du
langage. Il est des expériences esthétiques (au sens où l’entend
Kant) qui se situent du côté du vécu et non du parlé.
Quelques mots, quelques
pistes, un curieux prologue.
Qui dit ouverture dit
(outre stress et nervosité) question de choix. Quel est le dessein
d’une telle soirée, quel message souhaite-t-on faire circuler ?
Quels films doivent être projetés afin de mettre en lumière une
unité, une identité (celle d’un événement culturel) ? En
bref : comment ouvrir le bal ? Quelle danse mener ?
Sur quels rythmes se baser ? Une infinité de possibles.
En programmant Cotonov
Vanished de Andreas Fontana et Ca rime et ca rame comme
tartine et boterham de Isabelle Diercks, cette soirée se veut
sous l’égide du partage. Il s’agit en effet de deux films
remarquables et remarqués lors des Etats généraux du film
documentaire de Lussas en août 2010. Comme une nécessité de
communiquer une émotion, de diffuser un sentiment, pour se
rapprocher de l’Autre. Une occasion par ailleurs de tirer sa
révérence à Lussas. De l’Ardèche à Lyon, il est question de
survivance, de continuité, d’un partage d’aspirations et
d’affinités.
Pour finir sur un
sourire : à l’issue de la projection, un pot convivial vous
invitera à partir en voyage à nos côtés, le temps d’un
festival.
De l’amour en
mouvement.
Silence ! On tourne.
Justine Lévèque 
Jacques Gerstenkorn, directeur du festival

Maxime Hot, président de l’association Les Enthousiastes
Photos : Alice Ruault
DU GRAIN À MOUDRE (1) Questions à.... Andreas Fontana (Cotonov Vanished)
Quelle a été la genèse du film ?
Le
film a été conçu dans le cadre d’un atelier intitulé « filmer
la parole ». Ayant moi-même travaillé comme interprète
plusieurs années, il m’a semblé que rendre visible la parole de
l’interprète au travail était en adéquation avec le thème de
l’atelier. C’était aussi une manière de donner une existence
visuelle à une profession qui officie dans l’ombre, dans la marge,
une profession qui est exclusivement « sonore », pour
ainsi dire.
Lire la suite...

Andreas Fontana
Le 20 novembre
DOCton du jour
« Ce n’est pas l’amplitude de la salle qui compte, sa
capacité d’accueil, c’est l’espace de liberté du film. »
Marcel Hanoun
Le 19 novembre
FIDE rime
avec MIFID
Du
18 au 21 novembre se déroule à Saint-Ouen et pour la deuxième
année le Festival International du Documentaire Étudiant,
porté par "Les Impatientes" !
A Lyon,
dans le cadre de Doc en courts, le MIFID 2e édition, porté
par "Les Enthousiastes", prend le relais du 21 au 24
novembre. Des projets très proches dans leur genèse
(étudiantes de cinéma de Paris 8 / étudiants de cinéma
de Lyon 2), dans leur esprit (non compétitifs, ils mettent l’accent
sur l’échange entre les cinéastes et le public)
et dans leur propos, la défense et l’illustration d’un jeune
cinéma documentaire issu principalement d’écoles, de masters
universitaires ou d’ateliers indépendants.Le
parallélisme entre ces deux aventures
festivalières est confondant. Pure coïncidence? Ou
bien signe des temps et de la vitalité de la démarche
documentaire dans les années et les lieux de formation ? Dans
les deux cas se trouve revendiquée la nécessité de créer,
d’expérimenter puis de partager des propositions cinématographiques
"hors marché" et du même coup orphelines
d’écrans...
Le
plus amusant dans cette affaire, alors même que cette gémellité
fortuite aurait pu produire des programmations qui se recoupent
largement, est à l’inverse de constater qu’elles sont très
complémentaires et qu’elles ne se recouvrent que pour une poignée
de films qui se comptent sur les doigts d’une main... Richesse de la
friche documentaire !
On
complètera donc (avec enthousiasme) le panorama du jeune
cinéma documentaire présenté à Doc en courts par le MIFID en
découvrant (avec impatience) le programme du FIDE, en ligne à
l’adresse suivante: http://fide.lesimpatientes.org/festival-2010
Guido Rampazzoni (correspondant
de Doc en courts à la Mostra de Venise, section Orizzonti) Le 19 novembre
DOCton du jour
« La place du spectateur est ce qu’il faut penser et travailler aussi bien quand on enseigne que quand on fait des films. »Jean-Louis Comolli Le 18 novembre
Comme un film…
« Rien
n’est aussi important que la première phrase d’un roman :
elle met
en mouvement le livre dans son ensemble, l’oriente,
le
« dirige », parfois même le résume et le « reproduit »
par
anticipation (le met en abîme) tout entier »¹
Frontière entre deux
zones, un « seuil » au sens où l’entend Gérard
Genette, le générique de film, a pour fonction première d’insérer
le spectateur dans la fiction, de marquer une rupture, de l’éloigner
de la réalité pour un temps.
A l’image donc d’un
générique, ces quelques phrases comme pour passer de l’autre
côté, et vous mener vers l’essence même de ce festival. Un
témoignage d’affection, de tendresse et de croyance envers le
jeune cinéma documentaire, voilà ce dont il est question, voilà sa
force, sa volonté. Une semaine de poésie et de rencontres s’offre
ainsi à vous, pour approcher au plus près la création comme pour
se réconcilier avec le monde. Prendre un temps, s’arrêter et
s’émouvoir, « seize the day » diraient certains. Comme
un rêve délectable où chacun trouve sa place. Il est des moments
où la magie humaine et créatrice prend forme, il est des lieux où
la beauté s’épanouie. Une prégnante intention d’amour donc. Un
amour multiple même.
Le générique s’amenuise
et laisse place au film. Un scénario où l’histoire s’écrit de
jour en jour, au gré des rencontres, de la matière et des œuvres.
Un jour, une séquence. Vers l’écriture de la Mémoire, celle d’un
événement qui fête ses 10 ans : JOYEUX ANNIVERSAIRE DOC EN
COURTS. Justine Lévêque
¹ Raymond Jean, « Ouvertures, phrases- seuils », Critique
n°288, mai 1971, cité par Nicole de Mourgues Le générique de
film, Paris, Librairie des Méridiens Klincksieck, 1994, p38.
Le 10 novembre
Le documentaire dans l’oeil du Cyclope
« On pouvait considérer la photographie comme un moulage, une prise d’empreinte de
l’objet par le truchement de la
lumière » André Bazin Des moulages à l’invention du Cinématographe, il n’y a qu’un
pas, celui qui permet de
franchir le cours Gambetta pour gagner l’Institut Lumière depuis le Musée des moulages. Et cette
proximité géographique se double
d’une concommitance historique : le Musée
d’Art Antique de l’Université de
Lyon a grandi depuis le début du 20e siècle avec le cinéma…
Plus encore, la parenté entre le moulage et la photographie, ces deux
grandes pratiques d’embaumement, n’avait pas échappé à André Bazin !
Doc en courts prend ainsi ses quartiers dans un ancien
atelier de confection (rayon lingerie féminine)
rénové par l’université Lumière Lyon 2 pour abriter et
exposer une collection
remarquable de moulages. Le temps
de découvrir, une semaine durant, la jeune création documentaire en
présence de l’antique création
documentaire, celle du Sphinx des
Naxiens, d’un satyre jouant de la flûte, d’une esclave assise ou d’un
groupe de
lutteurs… Après minuit, gardiens d’un temple déserté par les
festivaliers, les moulages se
livreront à bien des commentaires sur les films présentés dans la
journée, mais de ce joyeux sabbat nocturne, nous ne saurons jamais rien…
Jacques Gerstenkorn
 Sphinx des Naxiens, 6e siècle avant JC (570-560)

Diomédès, 2emoitié 5e siècle avant JC (440-430)
 Hermès Farnèse, 2e moitié du 4e siècle
avant JC
.jpg) Esclave assise de Menidi , 4e siècle avant JC
 Satyre jouant de la flûte, 3e siècle avant JC
Crédits photos : Claude Mouchot |
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